Un toit bien orienté à Genève ou à Lausanne produit chaque année plus d'électricité qu'une famille n'en consomme. Depuis le 1er janvier 2026, les règles du jeu ont pourtant changé : le courant injecté sur le réseau est rémunéré au prix du marché, avec un plancher, et l'électricité que l'on consomme soi-même vaut désormais bien plus que celle que l'on revend. Une installation photovoltaïque se dimensionne donc autrement qu'il y a cinq ans. Ce guide fait le point sur les démarches, les aides, les prix et les choix techniques qui décident de la rentabilité.

Faut-il une autorisation pour poser des panneaux solaires ?

En règle générale, non. Le droit fédéral de l'aménagement du territoire dispense d'autorisation de construire les installations solaires suffisamment adaptées aux toits dans les zones à bâtir. Elles doivent rester dans le plan du toit, ne pas dépasser de plus de 20 cm perpendiculairement à celui-ci, ne pas déborder de la toiture vue de face et former une surface compacte. Une simple annonce suffit alors.

  • À Genève, l'annonce se fait à l'office des autorisations de construire au moins 14 jours avant le début des travaux.
  • Dans le canton de Vaud et à Lausanne, l'annonce est adressée à la municipalité, qui peut exiger une autorisation si elle estime le projet non conforme. Prévoyez environ un mois.
  • Sur un bâtiment protégé, un bien culturel ou dans un site d'importance cantonale ou nationale, une autorisation de construire reste obligatoire, avec le préavis du service des monuments et des sites.

Les toits plats avec panneaux inclinés, les installations en façade et les centrales sur pergola ou carport demandent souvent une procédure plus complète. Mieux vaut le savoir avant de commander le matériel.

Les aides : rétribution unique, prime cantonale et déductions fiscales

L'aide principale est la petite rétribution unique de la Confédération, versée par Pronovo pour les installations de moins de 100 kWc. Elle couvre une part des coûts d'investissement, environ un cinquième pour une installation résidentielle classique, et elle est plus élevée pour les panneaux intégrés à la toiture que pour les panneaux ajoutés. Un bonus s'ajoute pour les installations très inclinées, en façade par exemple, qui produisent davantage en hiver. La demande se dépose après la mise en service, et le montant exact se calcule avec le simulateur de Pronovo.

À Genève, SIG complète l'aide fédérale depuis janvier 2026 par une prime égale à 25 % de la rétribution unique pour les installations de moins de 30 kWc, et 15 % entre 30 et 100 kWc. Une prime de 130 francs par kWh de capacité est également versée pour une batterie de stockage, jusqu'à 15 kWh. Dans le canton de Vaud, certaines communes et les Services industriels de Lausanne proposent leurs propres soutiens, dont les conditions changent d'une année à l'autre.

Enfin, dans un bâtiment existant, l'investissement photovoltaïque est en règle générale déductible du revenu imposable, sous déduction des subventions reçues, à Genève comme dans le canton de Vaud. Sur une installation de 25 000 francs, l'économie d'impôt dépasse souvent la rétribution unique. Faites valider le traitement fiscal par votre fiduciaire avant de choisir l'année des travaux.

Combien coûte une installation photovoltaïque ?

Pour une villa, comptez en général entre 2 000 et 3 000 francs par kWc installé, clé en main et avant les aides. Une installation de 10 kWc, soit une trentaine de modules sur environ 50 m² de toiture, revient donc à 20 000 à 30 000 francs. Le prix par kWc baisse avec la taille, et les petits toits compliqués coûtent plus cher que les grands pans simples.

Ce qui fait varier le devis :

  • L'accès au toit et l'échafaudage, souvent sous-estimés sur les maisons de deux étages.
  • Le type de couverture : tuiles, ardoises, tôle ou toit plat n'ont pas les mêmes fixations.
  • L'intégration à la toiture, plus chère au départ mais mieux subventionnée et parfois exigée pour des raisons esthétiques.
  • Le tableau électrique, qui doit parfois être remplacé pour accueillir l'onduleur et les protections.
  • La batterie, la borne de recharge et le pilotage de la pompe à chaleur, si on les ajoute.

Dans la région lémanique, un kWc bien orienté produit environ 1 000 à 1 100 kWh par an. Les 10 kWc de notre exemple fournissent donc autour de 10 000 kWh, soit deux fois la consommation d'une maison sans pompe à chaleur.

Autoconsommation : ce qui rend l'installation rentable

Depuis 2026, l'électricité injectée est rémunérée au prix de référence du marché, calculé chaque trimestre par l'Office fédéral de l'énergie, sauf accord différent avec le gestionnaire de réseau. Pour les installations de moins de 30 kW, une rétribution minimale de 6 centimes par kWh s'applique. À Genève, SIG annonce un prix de reprise d'environ 11 centimes pour 2026. Le kWh que vous consommez vous-même, lui, vous évite d'en acheter un au tarif du réseau, timbre d'acheminement et taxes compris, soit deux à trois fois plus.

Sans aucune mesure, une maison consomme directement 25 à 35 % de sa production. Pour aller plus haut :

  1. Faire tourner la pompe à chaleur et le boiler en journée, quand le soleil produit, avec une commande adaptée.
  2. Recharger la voiture électrique sur une borne qui suit la production solaire.
  3. Programmer lave-linge, lave-vaisselle et sèche-linge sur les heures ensoleillées.
  4. Ajouter une batterie seulement ensuite, quand les gestes gratuits ont été faits.

Avec une pompe à chaleur et une voiture électrique pilotées, l'autoconsommation dépasse souvent 50 %. L'amortissement d'une installation résidentielle se situe alors généralement entre 10 et 15 ans, pour des modules garantis 25 ans en production.

Batterie : utile, mais rarement par principe

Une batterie domestique de 10 kWh coûte en général entre 7 000 et 10 000 francs posée. Elle déplace vers le soir l'électricité produite à midi et peut ajouter 15 à 25 points d'autoconsommation. Avec un écart d'une quinzaine de centimes entre le kWh acheté et le kWh revendu, elle se rembourse difficilement sur sa durée de vie sans aide. La prime genevoise, la baisse continue des prix des batteries et la volatilité des tarifs de reprise changent ce calcul : il se fait au cas par cas, avec votre profil de consommation réel.

Une solution plus économique consiste souvent à utiliser le boiler ou le stock d'eau chaude de la pompe à chaleur comme batterie thermique.

Immeubles, PPE et locataires : RCP et communautés électriques locales

Le solaire ne concerne pas que les villas. Dans un immeuble, le regroupement dans le cadre de la consommation propre, ou RCP, permet de partager l'électricité du toit entre les logements, avec un seul compteur vers le réseau. En propriété par étages, la toiture est une partie commune : le projet passe par l'assemblée des copropriétaires et doit régler la répartition des coûts et des recettes.

Depuis 2026, les communautés électriques locales permettent en outre de vendre le courant solaire à des voisins de la même commune en utilisant le réseau public, avec une réduction du timbre d'acheminement. Pour un locataire, une petite installation enfichable de 600 W au maximum sur le balcon est autorisée en Suisse, à condition de l'annoncer au gestionnaire de réseau et d'obtenir l'accord du bailleur si elle est fixée à la façade.

L'état du toit et l'installation électrique d'abord

Des modules posés aujourd'hui produiront pendant 25 à 30 ans. Si la couverture a plus de 30 ans, il est presque toujours plus économique de la refaire avant la pose, ou de choisir une toiture solaire intégrée qui remplace les tuiles. Démonter puis remonter une installation pour une réfection de toiture coûte plusieurs milliers de francs.

Côté électricité, une installation photovoltaïque est une installation électrique au sens de l'OIBT. Elle doit être réalisée ou raccordée par une entreprise titulaire d'une autorisation d'installer, annoncée au gestionnaire de réseau avant les travaux, puis faire l'objet d'un rapport de sécurité et d'un contrôle de réception par un organe d'inspection indépendant. L'onduleur, qui se remplace en général après 12 à 15 ans, doit être placé dans un local ventilé et accessible.

Le déroulement avec SmartHaus Swiss

Notre métier de base est l'électricité : le raccordement, le tableau et le pilotage sont au cœur du projet, pas un sous-traitant de dernière minute.

  1. Visite et analyse : orientation, ombrages, état du toit, tableau électrique, consommation annuelle et projets futurs comme une pompe à chaleur ou une borne.
  2. Dimensionnement et offre détaillée, avec le calcul des aides et de l'autoconsommation attendue.
  3. Annonce à la commune ou à l'office cantonal, et avis d'installation au gestionnaire de réseau.
  4. Pose, raccordement, mise en service et contrôle de réception.
  5. Dépôt de la demande de rétribution unique et des primes cantonales ou communales.
  6. Paramétrage du pilotage pour consommer le plus possible de votre propre courant.

Questions fréquentes

Faut-il un permis de construire pour des panneaux solaires à Genève ?

Non dans la plupart des cas : une annonce au moins 14 jours avant les travaux suffit pour une installation suffisamment adaptée au toit en zone à bâtir. Un bâtiment protégé ou situé dans un site d'importance cantonale ou nationale reste soumis à autorisation de construire.

Combien rapporte le courant solaire injecté sur le réseau en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, il est rémunéré au prix de référence du marché trimestriel, avec un minimum de 6 centimes par kWh pour les installations de moins de 30 kW. Certains gestionnaires de réseau, dont SIG à Genève, paient davantage.

Quelle puissance installer pour une villa ?

Pour une maison avec pompe à chaleur, 8 à 15 kWc couvrent généralement les besoins annuels. Il est souvent judicieux d'utiliser toute la surface de toit bien orientée, car le prix par kWc baisse avec la taille et les besoins augmentent avec une voiture électrique.

Une batterie est-elle rentable ?

Rarement à elle seule. Elle le devient davantage avec une aide comme la prime genevoise, un tarif de reprise bas ou une forte consommation le soir. Piloter d'abord la pompe à chaleur, le boiler et la borne coûte beaucoup moins cher.

Les panneaux solaires produisent-ils en hiver ?

Oui, mais nettement moins : environ un quart de la production annuelle se fait d'octobre à mars sur le Plateau. Les modules très inclinés ou posés en façade produisent mieux en hiver, ce que la rétribution unique récompense par un bonus.